Cette étude est parue dans les revues Valériane n°177-181

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Par Sylvie La Spina,
rédactrice en chef chez Nature & Progrès

 

 

 

Résumé

Les terres nourricières wallonnes sont grignotées par l’artificialisation et l’étalement urbain. Pourtant, une panoplie d’outils d’aménagement du territoire a été mise en place afin de faire respecter un usage des terres adéquat avec les enjeux des territoires. Le plan de secteur, principal outil de zonage des terres établi il y a un demi-siècle, peine à s’adapter aux nouveaux enjeux : préserver les terres nourricières et une biodiversité en déclin, favoriser l’infiltration des eaux de pluie et le captage de carbone, encourager les modes de transport alternatifs à la voiture, etc. Son inertie n’est pas totale : des dérogations sont régulièrement attribuées pour changer l’affectation de terres vers un usage permettant une plus-value pour le propriétaire, soit, une artificialisation de terrains vierges en faveur du logement ou des activités économiques. Des solutions existent, sans être appliquées, pour sauver de ce phénomène d’artificialisation des terres agricoles encore potentiellement constructibles. Il manque une certaine volonté politique, même si certains dossiers donnent l’espoir d’un changement. La protection des vieux arbres menacés par le remembrement ou par l’élevage équin fait l’objet d’un même constat : la législation wallonne peine à les protéger.

Face à cet immobilisme et en résistance à ces mutations du paysage, des initiatives citoyennes se développent. Information, sensibilisation, réseau de Vivants vigilants, zones à défendre fleurissent sur les territoires en danger. Des associations telles que Natagora ou Occupons le terrain outillent les citoyens pour qu’ils puissent réagir aux projets d’abattage d’arbres ou d’artificialisation de terres. Plans et vues aériennes, qui permettent d’appréhender les territoires, méritent quant à eux un regard critique : les citoyens sont invités à reprendre la main sur les cartes, à en redevenir auteurs, pour défendre une vision du territoire en lien avec leur quotidien.

La mutation de l’agriculture et ses impacts sur les paysages ne peuvent nous laisser inactifs. Comprendre la situation et les raisons pour lesquelles les législations ne sont pas capables de résoudre ces problématiques est un premier pas. Le second est d’agir. Des outils existent, à échelle individuelle et collective, pour résister et rendre aux territoires une dimension collective. Pour notre santé et celle de la Terre.

Mutations agricoles, mutations des paysages en images…