Qui n’a entendu ses parents, ou rabâché à ses enfants jusqu’à l’usure avec cette rengaine ? Même si les arguments invoqués par les parents varient - les pauvres qui meurent de faim, le coût de l’alimentation, la bonne éducation… -, cette sommation faite aux enfants fait à peu près l’unanimité. Elle a traversé les générations et transcendé les milieux sociaux. Les enfants sont priés de ne pas jouer avec la nourriture ! Mais qu’en est-il de ces grandes personnes en costume-cravate qui passent leurs journées à parier sur l’évolution du prix des céréales ou des autres matières premières agricoles pour maximiser leur profit ou celui de leur client ?
Par un règlement daté du 7 juillet 2015, la Commission européenne vient d’autoriser la commercialisation, dans les pays de l’Union européenne, de produits phytosanitaires à base de sulfoxaflor. Cette molécule insecticide est destinée à combattre toutes sortes d’insectes susceptibles de porter atteinte au rendement de nombreuses cultures, dont certaines sont mellifères, comme les agrumes, les fruits à noyaux et à pépins, une grande variété de légumes etc. L’application se fait par pulvérisation.
Le sulfoxaflor agit en perturbant le système nerveux des insectes, comme pratiquement tous les insecticides. Plus précisément, il est de ceux qui se fixent sur les récepteurs d’un neurotransmetteur particulièrement important chez les insectes, l’acétylcholine, et plus précisément encore sur ceux de ces récepteurs qu’on appelle nicotiniques car ils sont la cible de la nicotine. Tout comme la nicotine, le sulfoxaflor agit dans le même sens que l’acétylcholine, il en est donc ce qu’on appelle un agoniste - s’il agissait en sens opposé, c’en serait un antagoniste ! Bref, cette substance agit en agoniste sur les récepteurs nicotiniques de l’insecte : définition qui correspond à ce qu’on appelle un néonicotinoïde (1).
Loin d'être simplement esthétique, la mare constitue un écosystème à part entière qui a beaucoup à offrir. Choisir de l'installer au jardin, c'est s'assurer de nombreux bénéfices, tout en faisant un geste pour l'environnement...
Rencontre avec Arnaud Apoteker
Dans les pages de Valériane n°119, nous évoquions déjà ce tribunal qui se tiendra à La Haye, aux Pays-Bas, du 12 au 16 octobre. Nous vous demandions déjà de le soutenir financièrement en participant à l'action de crowdfunding, toujours en cours sur le site www.monsanto-tribunalf.org. Mais quelle sera la légitimité de ce tribunal ? Quels seront ses moyens et ses objectifs ? Et, surtout, que pourra-t-on vraiment en attendre ?
Pour le savoir, nous avons rencontré Arnaud Apoteker, ancien responsable de la campagne OGM pour Greenpeace-France, aujourd'hui administateur du CRII-GEN. Il nous parle de la nature et des objectifs de ce tribunal qui se tiendra à l'ISS - Institute of Social Studies - de La Haye, pendant qu'une grande assemblée du peuple aura lieu, ailleurs dans la ville.
D'où vient cette initiative ?
"L'idée du Tribunal contre Monsanto, raconte Arnaud Apoteker, est née dans le cadre d'une réunion du Forum civique européen - www.civic-forum.org/fr -, une organisation très active sur les questions d'alimentation et de politique agricole. Certains de ses membres accompagnaient à Bruxelles des paysannes colombiennes venues informer le Parlement européen quant aux risques d'une mainmise de Monsanto sur le droit des communautés locales à utiliser leurs propres semences. L'idée d'un procès international contre Monsanto germa du constat qu'il est anormal qu'une telle compagnie menace le mode de travail et l'autonomie des paysans du monde, et occasionne des dégâts énormes à leur environnement, sans que personne n'ait finalement les moyens de les défendre. Or l'histoire de la multinationale indique que de telles pratiques ne sont pas nouvelles. Seul un procès international, intenté par les citoyens du monde et retentissant médiatiquement, leur sembla de nature à contrer ces pratiques. A la recherche de militants du milieu des ONG capables de rassembler autour de ce projet, ils pensèrent immédiatement à Marie-Monique Robin, un procès contre Monsanto étant quasiment une suite logique à son livre. Rapidement convaincue, elle a, à son tour, mobilisé des personnalités avec qui elle avait travaillé, au premier rang desquelles Vandana Shiva, Gilles-Eric Séralini et Olivier De Schutter…
D'une manière générale, tout citoyen est invité à s'engager, à titre personnel, en signant l'appel mais aussi à contribuer financièrement car ce tribunal citoyen, bien sûr, ne dispose d'aucun moyen. Le comité se compose, à présent, d'une trentaine de membres dont l'identité figure sur notre site www.monsanto-tribunalf.org. Tous ont été recrutés sur une base volontaire ; il n'y a pas eu a priori de volonté de représentatitivité, d'équilibre ou de parité quelconque..."
Remettons de la matière organique dans nos sols !
Dans le dossier de Valériane n°130, nous avons vu ce qu’est un sol et comment en prendre soin. Une telle approche, hélas, n’est manifestement pas généralisée et il est sans doute exagérément optimiste de penser que, demain, tout cultivateur va mettre la priorité sur le sol vivant et son respect. Gardons cependant à l’esprit qu’il faut changer, au moins partiellement, les pratiques pour éviter la catastrophe. Nous vous le disions : le sol vivant n’est pas une option !
Nous vivons sur des acquis du passé qui s’épuisent rapidement. La mécanisation n’arrête pas son développement en allant toujours plus profond - et toujours plus vite -, permettant souvent de compenser les défauts - de plus en plus fréquents - de structure du sol. Donc de les masquer. Nous avons vu que la structure d’un sol est fonction de la vie qu’il abrite et de comment elle organise entre elles les fractions minérales et organiques.