"Do it yourself" (DIY), c’est-à-dire "Faites-le vous-même". Plus qu’un slogan, il s’agit d’une véritable tendance qui s’applique à tous les domaines : bricolage, couture, jardinage, construction, logiciels, poterie… Les derniers siècles ont pourtant consacré un mouvement inverse : la consommation de biens industriels. Mais en changeant les processus de production, il semble qu’on ait changé aussi les biens produits, les hommes qui les utilisent et la société tout entière. (Re)faire par soi-même, alors, c’est peut-être une vraie révolution. Analysons, dans cet article, le cas des semences.
Parmi ces activités "tendance", le jardinage s'érige en chef de file. On ne compte plus les articles, livres, émissions chantant le grand retour du potager. Et, bien souvent, celui-ci est présenté comme un hobby, une passion. A présenter les choses sous cet angle, ne manque-t-on pas d'apercevoir que quelque chose de plus profond est peut-être en train de se passer entre les citoyens et leur alimentation ? Un indice : les jardiniers sont de plus en plus nombreux à vouloir (re)commencer à faire eux-mêmes leurs semences. Qui aurait pu prévoir une telle évolution ? Nous allons tenter de percevoir comment cette activité pratique - faire ses semences - peut être au cœur d'un réel engagement commun, et à quel moment, sous quelles formes, la passion individuelle, en rencontrant l'inquiétude collective, peut se muer en véritable processus de "résistance".
Les semences paysannes et citoyennes ont été mises à l’honneur, les 22 et 23 juin derniers, à la Ferme du Hayon. Chose promise, chose due, nous vous devions un récit un peu plus complet de ces moments où la question de la semence citoyenne et paysanne, fervente représentante de la biodiversité cultivée, a été largement évoquée. Ce texte ne prétend évidemment pas résumer toute la richesse de ces deux jours, loin s’en faut, mais il donne néanmoins une idée assez exacte de ce sur quoi les échanges ont porté…
On y a évidemment beaucoup parlé de semences céréalières et donc des semences de blé, pour faire son pain, mais aussi de l’utilisation possible et de la valorisation des autres céréales, dites minoritaires, que sont le seigle, l’avoine, l’orge ou encore l’épeautre, et qui peuvent offrir une alternative locale aux blés d’importation. Furent longuement abordées les expériences, réflexions et recherches déjà réalisées dans le cadre de la valorisation de ces céréales minoritaires, mais aussi les types de filières et d’alliances qui peuvent être construites par ces dernières afin de développer l’agriculture et l’artisanat local et, par-delà, la souveraineté alimentaire de nos régions…
Un focus particulier fut mis sur l’orge qui a beaucoup à offrir, à côté du houblon et de la levure, dans le cadre de la production de bière. Ce fut donc l’occasion de s’interroger, retours d’expériences à l’appui, sur les types d’orges, de houblons et de levures à utiliser, sur le maltage et sur les nombreux enjeux en lien avec leurs biodiversités respectives.
La santé des humains aurait-t-elle pus de poids que celle des chauves-souris dans les négociations pour faire interdire les pesticides chimiques de synthèse? Et si la santé des chauves-souris influençait la santé humaine? Quand mettrons-nous enfin en pratique le concept One Health, qui suggère que la santé des écosystèmes, celle des animaux et celle de l'Humain sont liées?
En octobre dernier, Henri Clément, président de l’UNAF (Union Nationale de l’Apiculture Française) qui regroupe vingt-deux mille apiculteurs, annonçait que, pour la première fois depuis une dizaine d’années, les récoltes de miel s’amélioraient dans certaines régions de France. Il voyait là, bien évidemment, la récompense du combat mené par son organisation contre les insecticides imidaclopride et fipronil, accusés par le monde apicole d’altérer le comportement des abeilles et de décimer les ruchers…
Elles sont wallonnes et il nous en reste vingt-et-une ! Comme dans la fable de la poule aux œufs d’or, elles ont failli disparaître au profit d’un trésor. Entendez le sacro-saint productivisme industriel. Comment faire pour les redécouvrir et les revaloriser ? Un programme de recherche y a été consacré et des clubs de passionnés s’attellent à la tâche…
Elles se faufilent entre les jambes, courent, volent, se perchent parfois haut dans les arbres, elles sont mignonnes, affectueuses, incroyablement rustiques, sobres, autonomes voire parfois un peu sauvages, mais elles reviennent au poulailler dès que vous entrez dans leur enclos. Les Bassettes, poules naines au plumage gracieux, délicat même, comptent parmi cette poignée de races ancestrales un peu oubliées, en tout une quarantaine pour la Belgique. Si le coq de la Bassette se pare ironiquement de nos couleurs nationales, en revanche, étonnamment le mâle de la Brabançonne n’entonne pas encore l’hymne de notre patrie sur un tas de fumier !