Brise-vent, anti-vis-à-vis ou purement esthétique, la haie est un milieu à part entière qui offre de nombreuses possibilités, au jardin. Enfin, lorsqu’elle est bien conçue, elle regorge
de ressources pour la faune environnante !
Voilà une idée à creuser au jardin, histoire de faire sortir la biodiversité de sa réserve. Saison après saison…
A l’heure des changements climatiques, alors que le sujet est sur toutes les lèvres, une autre menace bien plus insidieuse, bien plus préoccupante, se profile sur la planète : l’effondrement de la biodiversité. Si on en parle beaucoup moins, la raison en est simple: "même pas peur !" Sixième extinction de masse, printemps silencieux, passage à l’anthropocène minéral, toutes ces expressions évoquent la même problématique : l’effondrement du Vivant. Pourquoi est-ce si grave, docteur ? Tout simplement parce que tout ce qu’on mange est biodiversité. Chaque être humain est nature, même si on a difficile à l’admettre. Eh oui, c’est rien moins que la survie de notre espèce dont il est question.
Le 26 novembre 2014, une première transhumance a eu lieu entre la Montagne Saint-Pierre, à Visé, et Rosa canina, la ferme de Francis Krauth et Muriel Vansimaeys, à Glons. Si elle n'avait certes pas l'ampleur des grandes transhumances qu'on voit en France, cette magnifique balade dans la jolie vallée du Geer a cependant permis d'attirer l'attention sur une piste de diversification importante aux yeux de nombreux éleveurs, de moutons principalement : l'éco-pâturage. Soyez attentifs si l'événement vous intéresse : la version 2015 est déjà annoncée !
"Notre transhumance est l'aspect festif, folklorique, de notre activité d'éco-pâturage, explique Francis Krauth. C'est pour nous une occasion unique de rencontrer les gens et de leur expliquer ce que nous faisons vraiment. Et c'est très important, notamment pour la vie des villages que nous traversons car il existe une réelle tradition bergère dans la vallée du Geer et dans la Basse-Meuse. L'événement met en relief le départ vers notre lieu de travail, la Montagne Saint-Pierre (1) que le troupeau s'en va entretenir, soit une marche d'une douzaine de kilomètres. En fait, je devrais plutôt dire le retour qui a lieu aussitôt qu'il n'est plus possible de laisser les animaux dehors : fin novembre ou parfois même début décembre tant que le temps est clément et que les moutons ont à manger. Nous ne faisons pas l'aller en transhumance car trop d'agneaux ne peuvent pas encore suivre le rythme, les moutons sont alors trop nerveux, les mères très têtues ne se laissent pas faire par les chiens... En montagne, les agneaux sont nés plus tôt dans la saison et les mères partent souvent sans eux à la montagne. Ou alors, ils sont plus grands et suivent déjà bien le troupeau..."
Une Wallonie sans pesticides, nous y croyons !, voilà ce que proclame Nature & Progrès, depuis le début de cette année. Christian Baeke, membre fondateur de notre association, nous a, par conséquent, interpellés sur le cas de sa commune de Fernelmont. Nous nous y sommes rendus pour mieux comprendre les souffrances que les pesticides infligent quotidiennement à la population wallonne. A celle qui vit en zone agricole, en tout cas, sous le vent mauvais de l’agriculture intensive…
Vaste commune rurale constituée d’une dizaine de villages, Fernelmont se trouve au nord-est de Namur. Un article paru dans le quotidien L’Avenir - 1er septembre - avait déjà retenu toute notre attention. On pouvait y lire que « le professeur responsable du laboratoire de Phytopharmacie de Gembloux Agro-Bio Tech, Bruno Schiffers, a découvert la présence d’une trentaine de pesticides différents dans la cour de l’école de Cortil-Wodon. » Le professeur Schiffers n’était évidemment pas arrivé par hasard à Cortil-Wodon, un des villages qui compose Fernelmont. Il y est, bien sûr, venu en voisin - une quinzaine de kilomètres à peine - mais surtout parce que la petite école avait déjà dû déplorer le décès soudain d’un de ses instituteurs âgé de quarante-quatre ans, les leucémies de plusieurs élèves et d’autres pathologies possiblement liées aux PPP, les "Produits de Protection des Plantes" - c’est le joli nom que l’industrie donne aux pesticides... On imagine la terrible inquiétude que pareils événements engendrèrent alors qu’officiellement il n’y avait pas, aux yeux des pouvoirs locaux, matière à prendre des mesures particulières.
Fini le vol planant des jolis papillons et des abeilles bourdonnant dans les champs. Fini également le vrombissement des mouches et des moustiques qui nous vampirisent. Que cela nous attriste ou nous enchante, nous avons tous remarqué l’absence des insectes en cette rude saison d’hiver. Mais se sont-ils tous endormis ?