La compensation carbone, progrès ou treewashing ?

Le climat se dérègle parce qu’il y a trop de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, surtout du dioxyde de carbone. Or, les arbres sont des formidables machines à séquestrer le carbone. Donc, planter des arbres est le meilleur moyen de lutter contre le dérèglement climatique. CQFD ? Prenons l’avion pour réfléchir à cette démonstration a priori infaillible.

 

Par Guillaume Lohest, rédacteur pour Nature & Progrès

 

Vous faites une réservation en ligne. Léger sentiment de culpabilité. Vous savez que votre empreinte carbone va exploser. Si les huit milliards de terriens prenaient l’avion aussi souvent que les classes moyennes occidentales, si leur mode de vie s’alignait sur le vôtre, on aurait besoin de quatre ou cinq planètes. On ne les a pas, vous le savez, et se produit alors un petit soulagement dans votre conscience quand la compagnie aérienne vous propose une compensation carbone. En payant deux euros de plus, vous contribuez à régénérer une forêt en Algarve, au sud du Portugal (1).

 

Planter des arbres pour la biodiversité et le climat

Plus tard, dans l’avion, vous repensez à cette histoire de compensation. Vous faites quelques recherches sur votre smartphone et, soudain, votre cerveau reçoit une grosse dose d’endorphine. Un immense soulagement vous envahit. Vous venez de lire ce truc génial (2) : « Il y a suffisamment de place dans les parcs, les forêts et les terres abandonnées du monde pour planter 1.200 milliards d’arbres supplémentaires, qui auraient la capacité de stockage de dioxyde de carbone nécessaire pour annuler une décennie d’émissions. »

Une étude publiée dans la revue Science (3) a en effet démontré que nous disposons, sur notre planète, de 0,9 milliards d’hectares disponibles pour planter des arbres. Pour calculer ces surfaces, les chercheurs ont exclu les forêts existantes – puisque déjà plantées -, les surfaces cultivées – car il faut aussi veiller à notre autonomie alimentaire – et les villes. Ces arbres pourraient alors capturer 205 gigatonnes de CO2 dans les prochaines décennies, cinq fois la quantité émise en 2018 dans le monde et les deux tiers de tout ce que l’Homme a généré depuis la révolution industrielle. « Si nous plantions ces arbres aujourd’hui, le niveau de CO2 dans l’atmosphère pourrait être diminué de 25 % », indique Jean-François Bastin, l’auteur principal de l’étude.

« Ce qui m’impressionne le plus est l’ampleur. Je pensais que la restauration serait dans le top 10, mais elle a un potentiel bien plus important que toutes les autres solutions proposées pour le changement climatique. » a indiqué le professeur Crowther au journal britannique « The Guardian » (4). Cette solution ne dépend pas du bon vouloir des politiques. « Elle est disponible maintenant, elle est la moins chère possible et chacun d’entre nous peut être impliqué. Cela pourrait permettre de relever les deux plus grands défis de notre époque : le changement climatique et la perte de la biodiversité ». Les forêts abritent en effet plus de 80 % des espèces d’animaux terrestres, de plantes et d’insectes que compte la planète.

Il existerait donc une solution simple à cet immense problème mondial du climat : planter des arbres par trillions ! Et en effet, vous constatez que de nombreux États ont déjà annoncé des programmes massifs : au Canada (deux milliards), en France (un milliard), en Australie aussi (et un milliard de plus !)… On est loin du compte, mais c’est un début. Il suffira d’augmenter la cadence et de planter davantage. Votre cerveau traverse une turbulence mais reste globalement en joie, car les choses sont claires et peuvent être calculées.

 

Treewashing, un alibi pour ne pas changer ses pratiques

Plus pour longtemps. De clic en clic, dans l’atmosphère entre deux continents, vous êtes emmené vers des pages moins accommodantes. Vous faites connaissance avec le concept de treewashing, le greenwashing par les arbres, pratiqué allègrement par les multinationales. Un véritable marché : des opérateurs se proposent comme intermédiaires entre les entreprises et les projets de plantation.

« Ces articles, voire ces études, servent la soupe aux entreprises qui ne veulent pas réduire leurs émissions et font du greenwashing. Ce sont des secteurs économiques entiers qui s’engouffrent dans la reforestation comme solution de lutte contre les changements climatiques. Finalement planter des arbres, ne serait-il pas une façon pour les entreprises de cacher l’enjeu de réduire la production et consommation d’énergies fossiles ? Bienvenu dans l’envers du décor. » interpelle Jonathan Guyot, ingénieur forestier co-fondateur de la communauté All4trees (5). En effet, l’on constate que trois leaders de l’activité pétrolière, ENI, Shell et Total, s’intéressent désormais aux arbres.

L’Organisation des Nations Unies interpelle sur les bienfaits mais aussi les dangers des compensations carbone : « ONU Environnement soutient les compensations de carbone en tant que mesure temporaire jusqu’à 2030 et en tant qu’outil pour accélérer l’action climatique », a déclaré Niklas Hagelberg, spécialiste du climat à ONU Environnement. « Cependant, ce n’est pas une solution miracle, et le danger est que cela peut conduire à la complaisance. Le rapport d’octobre 2018 du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a clairement montré que, si nous voulons avoir un quelconque espoir de freiner le réchauffement planétaire, nous devons absolument réduire les émissions de carbone : passer à l’électricité, adopter les énergies renouvelables, manger moins de viande et gaspiller moins de nourriture. » (6)

Quant à la capture de carbone par les arbres, les nuances pleuvent de toutes parts. Vous apprenez qu’il n’y a pas d’équivalence exacte entre le carbone fossile émis et le carbone capturé. Que les arbres ne capturent pas du tout avec la même efficacité selon leur âge, selon leur latitude, selon leur « essence » (sic)… Et surtout, qu’un arbre « ne pousse pas instantanément. Il lui faut plusieurs dizaines d’années pour absorber une quantité de CO2 équivalente à celle émise par la combustion d’énergies fossiles. Sauf que nous n’avons pas le temps de regarder pousser les arbres si nous voulons stabiliser le climat (7). »

 

Reforester, mais pas n’importe comment !

L’atterrissage approche et voici le coup de grâce. En octobre 2023, une étude publiée par des chercheurs de l’université d’Oxford (8) parvient à la conclusion que « la tendance actuelle de la plantation d’arbres axée sur le carbone nous entraîne sur la voie de l’homogénéisation biotique et fonctionnelle à grande échelle pour un faible gain de carbone. » Entre les lignes, on comprend que planter des arbres pour ralentir le dérèglement climatique est, au mieux une illusion, au pire une aggravation du problème. Car ce sont les plantations industrielles à grande échelle qui représentent la majorité des arbres plantés : or, elles servent à d’autres fins qu’à séquestrer le carbone et créent bien d’autres problèmes auxquels vous n’avez pas envie de songer à présent, car votre moral est tombé au plus bas.

C’est la fin. Vous teniez une solution magique, il n’a fallu que quelques heures pour qu’apparaisse tout ce qu’elle avait de naïf et de simplificateur. Vous voici arrivé à la conclusion inverse : planter des arbres pour préserver le climat, c’est n’importe quoi. Vous jurez qu’on ne vous y reprendra plus. Mais avant cela, reste une dernière chose à vérifier. Votre moteur de recherche, Ecosia, cela vous revient, promettait lui aussi de planter des arbres pour compenser l’empreinte de votre utilisation d’Internet. Du bluff, là encore ?

Peut-être pas tant que cela. Dans un entretien (9), le fondateur d’Ecosia semble conscient des pièges. « Quand on plante des arbres, il est important de le faire de la bonne manière », précise-t-il. « Nous ne plantons pas nous-mêmes des arbres mais nous travaillons avec des associations, des ONG et des entreprises dont c’est la spécialité. » Une sélection s’opère : « Nous avons aussi rejeté de nombreux dossiers car ils n’apportaient pas les garanties suffisantes. Ce qui est important, c’est de planter des arbres aux endroits où ils devraient être plantés, pour ne pas déstabiliser l’écosystème, dont les sols. »

 

Alors, faut-il replanter des arbres pour le climat ?

C’est le moment d’atterrir. Croire que planter 1.200 milliards d’arbres est une solution miraculeuse pour stopper le dérèglement climatique est une déformation occidentale de l’esprit humain. Galilée comparait la nature à un grand livre de mathématiques, Descartes voyait l’Homme devenir maître et possesseur de celle-ci. Eh bien, en comptant le nombre d’arbres et de gigatonnes de CO2 qu’ils peuvent séquestrer, nous reproduisons le vieux schéma rationaliste de la modernité. L’histoire du marteau qui voit tous les problèmes sous forme de clous. De la mentalité d’ingénieur, dirait Aurélien Barrau. Nous réduisons le vivant à un livret de comptabilité.

Mais si, déçus d’avoir cru au miracle mathématique, nous nous mettions à critiquer avec aigreur et cynisme tout projet de plantation d’arbres, nous agirions comme des enfants gâtés de la modernité dont on a cassé le dernier jouet. Le treewashing existe, les multinationales sont sans scrupules, certes, mais les arbres font partie des écosystèmes à régénérer et donc des pistes à suivre. Sans naïveté et en accordant notre confiance à des organismes qui travaillent au plus proche du terrain, en lien avec des expertises plurielles, à la fois scientifiques et associatives, locales et régulièrement évaluées (10).

Ne perdons pas nos objectifs de vue, et poursuivons nos efforts pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Nature & Progrès encourage chacun et chacune à la sobriété, à une réflexion poussée sur nos habitudes alimentaires et énergétiques. Veiller au climat, c’est choisir des produits locaux de saison, qui n’ont pas nécessité ni de transports ni de chauffage permettant de décaler les saisons. C’est choisir des aliments bio, qui ne dépendent pas de fertilisants de synthèse dont la filière de production est extrêmement énergivore. C’est isoler de manière naturelle son habitat pour réduire ses dépenses énergétiques. C’est privilégier le covoiturage, le vélo, les déplacements à pied, la mutualisation et la solidarité. Nous continuerons à planter des arbres, car ils contribuent à la beauté de nos paysages, à une agriculture résiliente, à nous nourrir de baies et de fruits, à héberger la biodiversité… Mais pas pour compenser des comportements délétères pour le climat ni pour nous donner bonne conscience !

 

REFERENCES

  1. Voir « Ryanair lance un nouveau calculateur de carbone », https://corporate.ryanair.com/.
  2. “Planting 1.2 Trillion Trees Could Cancel Out a Decade of CO2 Emissions, Scientists Find” sur Yale Environment 360, https://e360.yale.edu.
  3. Bastin J.-F., Finegold Y., Garcia C., Mollicone D., Rezende M., Routh D., Zohner C.M. et Crowther T.W. 2019. The global tree restoration potential. Science 365 (6448) : 76-79
  4. Carrington D. 2019. Tree planting “has mind-blowing potential” to tackle climate crisis. The Guardian. https://www.theguardian.com/environment/2019/jul/04/planting-billions-trees-best-tackle-climate-crisis-scientists-canopy-emissions
  5. Guyot J. 2021. Planter 1.200 milliards d’arbres peut-il vraiment sauver le climat ? https://news.all4trees.org/planter-1200-milliards-arbres-sauver-changements-climatiques/#:~:text=L’arbre%20qui%20cache%20une,lutte%20contre%20les%20changements%20climatiques.
  6. Communication de l’ONU Environnement de 2019 : https://www.unep.org/fr/actualites-et-recits/recit/les-compensations-carbone-ne-nous-sauveront-pas
  7. « Planter des arbres pour mieux polluer ? », Tribune dans Libération par Sylvain Angerand, président de l’association Canopée et Jonathan Guyot, président d’all4trees, 3 avril 2019.
  8. Aguirre-Gutiérrez, Jesús et al., “Valuing the functionality of tropical ecosystems beyond carbon” dans Trends in Ecology & Evolution, Volume 38, Issue 12, 1109 – 1111.
  9. Christian Kroll (Ecosia) : “Nous ne nous contentons pas de planter des arbres, nous les faisons grandir”, sur We Demain, propos recueillis par Florence Santrot le 21 mai 2022.
  10. Voir, par exemple, All4trees (https://all4trees.org) ou Cœur de forêt (https://www.coeurdeforet.com).

 

Nouveaux OGM : maintenons notre LIBERTE de CHOISIR

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Interpellez nos décideurs !

Le Parlement européen débat actuellement d’une proposition de réglementation autorisant les OGM de nouvelle génération, sans contrôle des risques préalable, sans traçabilité obligatoire et sans étiquetage du produit final. Concrètement, des aliments génétiquement modifiés pourraient arriver dans nos champs et dans nos assiettes sans avoir été testés et sans être identifiés comme tels.

Demandez à vos députés européens de soutenir une réglementation stricte pour tous les nouveaux OGM afin de préserver notre liberté de choix, notre santé et notre environnement !

Pourquoi est-ce important ?

Depuis des années, les grandes entreprises chimiques et semencières font pression sur la Commission européenne pour qu’elle exclue les nouveaux OGM de la réglementation européenne sur les OGM, en faisant des déclarations non fondées sur les avantages supposés en matière de développement durable, de réduction des pesticides et de lutte contre le changement climatique. Mais comme ils détiennent également des brevets sur les semences conçues à l’aide de ces techniques, leur véritable motivation reste l’augmentation de leurs profits. Une telle mainmise de l’industrie sur les semences menacerait gravement l’autonomie des agriculteurs en matière de semences et la biodiversité agricole dans son ensemble.

En juillet dernier, la Commission européenne a publié une proposition visant à exclure les nouveaux OGM, appelés « nouvelles techniques génomiques » (NGT), des procédures d’approbation prévues par la législation européenne en vigueur sur les OGM. Cette proposition est actuellement examinée par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne.

Avec la proposition sur la table impliquera :

  • Aucune évaluation des risques des effets sur la santé et l’environnement de la plupart de ces nouveaux OGMs.
  • Pas d’étiquetage pour les consommateurs, pas de traçabilité : Les consommateurs ne sauront pas s’ils consomment de nouveaux OGM.
  • Les nouveaux OGM resteront interdits dans l’agriculture biologique, mais aucune mesure n’est prévue pour permettre aux agriculteurs et cultivateurs biologiques et même aux agriculteurs conventionnels sans OGM de maintenir leurs champs exempts d’OGM. De plus, ils devront assumer eux -mêmes le coût de certification non-OGM de leurs productions.
  • Les entreprises qui dominent déjà les brevets de ces technologies, telles que les grosses multinationales regroupées sous les bannières Corteva, Bayer/Monsanto, et Chemchina, …pourront entrer sur le marché européen avec des OGM non étiquetés et non traçables, mais brevetés, ce qui renforcera leur contrôle sur les agriculteurs et la production alimentaire en Europe.

Demandez à vos députés européens de soutenir une réglementation stricte pour tous les nouveaux OGM afin de préserver notre liberté de choix, notre santé et notre environnement !

En vertu des règles actuelles, les OGM anciens et nouveaux sont soumis à une procédure d’autorisation rigoureuse de l’UE, qui garantit l’évaluation des risques pour la santé humaine et l’environnement, la transparence pour les producteurs et les agriculteurs, ainsi qu’un étiquetage clair pour les consommateurs. La réglementation sur la table vise à exclure les nouveaux OGM de ce cadre strict, empêchant ainsi les agriculteurs, les producteurs de denrées alimentaires, les détaillants et les citoyens d’opter pour des aliments sans OGM.

Nous avons le droit de décider ce que nous mangeons et ce que nous cultivons dans nos champs !

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur les nouveaux OGM rendez-vous sur notre page Nouveaux OGM

Vous pouvez également lire l’article suivant Itineraires_BIO_72_WEB_CORRIGE.pdf (biowallonie.com) page 8 à 12 ou notre brochure.

Contactez nos politiques !

Il n’est pas nécessaire de cocher Maria Arena, les membres de Groen et de Ecolo. Ces parlementaires sont fermes sur leurs positions qui sont alignées avec les nôtres.

 

 

Nouveaux OGM : Lorsque notre liberté de savoir et de choisir entre en jeu, l’approbation et l’abstention ne sont pas une option !

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Très prochainement, nos ministres régionaux devront donner leur avis quant à la dérèglementation des Nouveaux OGM. Nous tenons à rappeler que dans cette prise de décision, l’approbation et l’abstention ne sont pas une option !

Les régions ont l’opportunité de donner leur voix avant que ce dossier ne passe au fédéral. Monsieur le Ministre-Président Elio Di Rupo, Monsieur le Vice-Président de la Wallonie Willy Borsus, Madame la Ministre Céline Tellier, Monsieur le Ministre bruxellois Alain Maron, exprimez vous ! Vous avez les clés en main, prenez vos responsabilités ! Choisirez vous de céder aux lobbys ou maintiendrez vous une transparence vis-à-vis des citoyens en protégeant nos systèmes alimentaires ?

Pour rappel, la proposition de dérèglementation impliquera :

  •  Aucune évaluation des risques des effets sur la santé et l’environnement de la plupart de ces nouveaux OGMs.
  • Pas d’étiquetage pour les consommateurs, pas de traçabilité : Les consommateurs ne sauront pas s’ils consomment de nouveaux OGM.
  • Les nouveaux OGM resteront interdits dans l’agriculture biologique, mais aucune mesure n’est prévue pour permettre aux agriculteurs et cultivateurs biologiques et même aux agriculteurs conventionnels sans OGM de maintenir leurs champs exempts d’OGM. De plus, ils devront assumer eux -mêmes le coût de certification non-OGM de leurs productions.
  • Les entreprises qui dominent déjà les brevets de ces technologies, telles que les grosses multinationales regroupées sous les bannières Corteva, Bayer/Monsanto, et Chemchina, …pourront entrer sur le marché européen avec des OGM non étiquetés et non traçables, mais brevetés, ce qui renforcera leur contrôle sur les agriculteurs et la production alimentaire en Europe.

La position de Nature & Progrès

La législation sur les OGM actuelle n’empêche pas du tout la recherche et l’innovation, elle conditionne simplement les productions issues de la recherche à une évaluation de l’intérêt pour la société, à l’évaluation du risque et au maintien du libre choix que donne l’étiquetage.

Nature & Progrès n’est pas opposé à ces nouvelles techniques génomiques, notre association demande simplement que ces nouveaux OGM soient évalués quant à leur impact sur la santé et l’environnement et qu’ils soient étiquetés avant toute diffusion dans l’environnement !

Nouvelle proposition de déréglementation des Nouveaux OGM : un danger pour l’environnement, l’agriculture et les consommateurs!

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5 juillet 2023

Communiqué de presse

La nouvelle proposition de déréglementation, fait fi des risques pour la Santé et la Nature et du droit de savoir et de choisir des consommateurs des nouveaux OGM et cède au lobby de l’industrie biotechnologique

La Commission européenne a lancé ce 5 juillet sa proposition très controversée de déréglementation des nouveaux OGM ou des « nouvelles techniques génomiques » ou « NGTs ». Cette nouvelle législation augmentera les risques pour l’environnement et la santé et portera atteinte aux droits des agriculteurs et des consommateurs de savoir et de choisir.

La nouvelle proposition impliquera :

  •  Aucune évaluation des risques des effets sur la santé et l’environnement de la plupart de ces nouveaux OGMs.
  • Pas d’étiquetage pour les consommateurs, pas de traçabilité : Les consommateurs ne sauront pas s’ils consomment de nouveaux OGM.
  • Les nouveaux OGM resteront interdits dans l’agriculture biologique, mais aucune mesure n’est prévue pour permettre aux agriculteurs et cultivateurs biologiques et même aux agriculteurs conventionnels sans OGM de maintenir leurs champs exempts d’OGM. De plus, ils devront assumer eux -mêmes le coût de certification non-OGM de leurs productions.
  • Les entreprises qui dominent déjà les brevets de ces technologies, telles que les grosses multinationales regroupées sous les bannières Corteva, Bayer/Monsanto, et Chemchina, …pourront entrer sur le marché européen avec des OGM non étiquetés et non traçables, mais brevetés, ce qui renforcera leur contrôle sur les agriculteurs et la production alimentaire en Europe.

Nature & Progrès Belgique et ses partenaires en Belgique, ainsi que des centaines d’organisations environnementales et agricoles, s’opposent fermement à cette proposition.

Cette proposition de déréglementation est un énorme cadeau, sans retour, de la Commission européenne, à des entreprises qui monopolisent la fois le marché mondial des pesticides, OGMs et semences.

Les nouveaux OGMs ne conduiront pas à des pratiques agricoles plus durables, bien au contraire. L’hypothèse de la Commission selon laquelle les nouveaux OGM conduiraient à une plus grande durabilité se fonde uniquement sur les affirmations de l’industrie, plutôt que sur des preuves réelles.

De plus, la durabilité des cultures est fonction d’un système agricole tel celui de l’agriculture biologique et un trait isolé ne peut conférer la durabilité.

Très peu de nouveaux OGM sont déjà, au niveau mondial comme en Europe, sortis du stade expérimental pour se retrouver au stade pré-commercial. Ceci implique que l’on a peu de recul et que les nombreuses allégations opportunistes de durabilité, ne sont que des promesses de l’industrie sans fondements scientifiques. Il en va aussi de la promesse de réduction de l’utilisation de pesticides. Ainsi, la Commission prétend à tort que cette déréglementation des nouveaux OGM permettra d’atteindre les objectifs du Green Deal de l’UE.

Les nouvelles semences génétiquement modifiées seront brevetées, ce qui érodera les droits des agriculteurs et conduira à une monopolisation plus grande encore, du marché des semences, déjà très concentré.

À moins que les États membres et le Parlement européen ne rectifient le tir, une telle proposition de législation ignore les intérêts des agriculteurs, de la société civile et de la biodiversité.

Cette déréglementation a été impulsée par les multinationales de la biotechnologie précitées, avec pour larbins un certain nombre de chercheurs d’instituts tels que le VIB ou l’université de Wageningen, qui prétendent invoquer « l’autorité de la science », de « la vraie science » tout en entretenant des liens étroits avec l’industrie.

La Commission européenne a été avertie à plusieurs reprises des conséquences négatives d’une telle proposition par les scientifiques, les petits agriculteurs, le secteur de l’alimentation biologique et un grand nombre d’organisations de la société civile. La DG SANTE a choisi d’ignorer systématiquement la voix de ces groupes, au point de violer ses propres règles en matière de processus démocratique.

De nombreuses publications scientifiques et récentes de généticiens moléculaires indépendants non considérées ni évaluées par l’EFSA contestent les critères choisis par la Commission pour l’évaluation des risques des nouveaux OGM. Les critères de la catégorie 1 des nouveaux OGM qui selon la proposition de la Commission devraient être dispensées de toute analyse de risques sont fortement critiqués par ces experts.

Conclusions :

Les autorités nationales chargées de la protection de la santé, de l’Environnement et de la sécurité des consommateurs ainsi que les membres du Parlement européen devraient rejeter catégoriquement cette proposition.

 

 

Note aux rédacteurs :

L’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de juillet 2018 déclare:  » Les organismes obtenus par mutagenèse sont des OGM et sont en principe soumis aux obligations de la directive OGM « . C’est depuis cet arrêt que  les semenciers biotechnologiques ont intensifié leur lobby auprès de la Commission afin d’obtenir l’abandon des règles de l’UE relatives aux OGM pour les nouvelles techniques génomiques (NGTs)

Le 16 mars, les ministres de l’environnement ont envoyé un message clair à la Commission européenne sur les nouvelles techniques génétiques, demandant l’application du principe de précaution et la mise en œuvre de l’évaluation des risques pour les NGT.

Plus de 340 organisations, ont écrit une lettre au vice-président Timmermans en mai 2023 pour demander que les règles de l’UE sur les OGM soient appliquées à tous les OGM, stoppant ainsi la déréglementation prévue pour les nouveaux OGM. Plus de 430 000 citoyens ont également signé une pétition allant dans ce sens. La nouvelle proposition de la Commission européenne sur les OGM sacrifie les droits des consommateurs et met la nature en danger.

       

Nouveau rapport de PAN Europe

Nature & Progrès a envoyé un courrier à Madame la Ministre de l’Environnement Zakia Khattabi et à Monsieur le Ministre de la Santé Frank Vandenbroucke au sujet de la sortie d’un rapport de PAN Europe et de l’inaction belge en matière de substitution des pesticides les plus dangereux (candidats à la substitution).

Courrier à Madame la Ministre Zakia Khattabi

Courrier à Monsieur le Ministre Frank Vandenbroucke

Visites d’éoliennes offshore en mer du Nord

visite éoliennes offshore

© Maison des jeunes de Florennes

Dans le cadre du projet « mobilisons-nous pour réduire le CO2 », la locale de l’Entre Sambre et Meuse s’est surtout penchée sur la question des énergies, de leur production et des risques de pénuries.

Afin de coupler leurs réflexions théoriques avec une visite concrète, les membres de la locale ont souhaité se rendre en haute mer, afin d’y découvrir les éoliennes offshores ! En effet, nous entendons régulièrement dans les médias que notre pays est l’un des pionniers en la matière et que son savoir-faire est reconnu internationalement. Pour en avoir le cœur net, les bénévoles actifs de la locale ont souhaité se rendre sur place, au départ d’Ostende… Après un enregistrement digne des mesures de sécurité les plus strictes, nous avons pu embarquer pour un voyage de plus de cinq heures (2h30 aller et 2h30 retour). Pendant ce temps, les 50 participants ont pu obtenir tout un tas d’informations concernant les différentes sources d’énergies, les technologies utilisées, les émissions de CO2, la construction des éoliennes, etc. grâce à un personnel de bord loquace et bien documenté sur le sujet. Actuellement, on estime que 10% de la production d’électricité belge est liée aux éoliennes offshore et ce chiffre devrait augmenter avec les années à venir. En effet, un nouveau parc éolien est actuellement en construction ! En tout, il y a actuellement 399 éoliennes dans le parc belge en mer du Nord.

Qu’en est-il des émissions de dioxyde de carbone ?

D’après les informations du site de l’A.S.B.L. Belgian Offshore Platform « un parc éolien en mer émet 175 fois moins de CO2 que les centrales au gaz les plus modernes. Au bout de 6 mois à un an, un parc éolien moyen (environ 300 MW) neutralise complètement les émissions de CO2 dues à sa construction et à son exploitation. Ensuite les éoliennes continuent à produire de l’électricité pendant minimum 20 ans d’une manière respectueuse de l’environnement et du climat, sans émettre de CO2 ni de substances nocives et sans produire de déchets nocifs. »

Nous le remarquons donc, dans le processus de transition vers un monde plus durable et renouvelable, l’éolien est sans aucun doute une partie de la solution !

La maison des jeunes de Florennes

La locale travaillant régulièrement avec la bibliothèque de Florennes où il nous arrive d’organiser nos réunions ou nos conférences, l’idée de collaborer avec la maison de jeunes (MJ) a germé dans la tête de quelques membres. Rapidement, nous avons convenu qu’une partie des 50 places disponibles dans le bateau serait réservée, gratuitement, à des adolescents de la MJ. C’est ainsi que certains d’entre eux nous ont accompagné lors de cette sortie en haute mer. Pour nous remercier de l’invitation, les jeunes se sont engagés à réaliser un petit reportage sur la journée et à sensibiliser les autres MJ de l’Entre Sambre et Meuse aux problématiques environnementales. Voici le résultat de leur travail !

 

Sulfoxaflor : échange incompréhensif avec le Ministre David Clarinval

Le Sulfoxaflor est un insecticide systémique qui agit en tant que neurotoxine et contre lequel Nature & Progrès travaille depuis longtemps. Ce dangereux pesticide a les mêmes caractéristiques que les néonicotinoïdes.

En octobre dernier, nous avons écrit – avec PAN Europe – au Ministre fédéral de l’Agriculture David Clarinval pour lui demander de soutenir l’interdiction du sulfoxaflor en usage extérieur. Le moins que l’on puisse dire est que nous ne comprenons pas la réponse qu’il nous a fait parvenir. Nous en avons assez de ce positionnement qui dit s’appuyer sur la science mais qui déroge à l’interdiction de « tueurs d’abeilles » sans aucune base scientifique. Certes, nos propos sont forts, mais nous ne faisons que dire la vérité.

Lire le courrier initial de Nature & Progrès et Pan Europe (05/10/21)

Concernant : Révision de l’approbation du Sulfoxaflor

Monsieur le Ministre David Clarinval,

Le sulfoxaflor a été approuvé en 2015 (Règlement 2015/1295/CE), avec l’obligation pour le demandeur de fournir des informations de confirmation avant août 2017. L’EFSA n’a publié son examen par les pairs sur ces informations que près de deux ans plus tard [1], en mars 2019. Une année supplémentaire plus tard, l’EFSA a mis à jour ses conclusions [2]. Un risque élevé pour les abeilles mellifères et les bourdons a été identifié dans les champs et en marge de ceux-ci, ce qui signifie que les utilisations extérieures de cette substance ne peuvent pas être légalement approuvées. Le sulfoxaflor figure régulièrement à l’ordre du jour des réunions du comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux depuis plus de deux ans et aucune décision n’a encore été prise. Les preuves scientifiques s’accumulent sur la toxicité inacceptable de cette substance néonicotinoïde de nouvelle génération. Veuillez trouver, ci-dessous, une mise à jour des nouvelles publications scientifiques sur la toxicité du Sulfoxaflor sur les abeilles, de ces dernières années, toutes ces publications travaillant avec des doses auxquelles les abeilles sont effectivement susceptibles d’être confrontées en plein champ :

• Troubles de la reproduction chez les bourdons [3, 4, 5]
• Augmentation du pouvoir pathogène de Nosema bombi sur les larves de bourdons [6]
• Induction d’un stress oxydatif et une apoptose chez les abeilles mellifères [7]
• Trouble du butinage chez les bourdons [5]
• Modifications de l’immunocompétence des bourdons [8]
• Réduction de l’activité de butinage de l’abeille solitaire Osmia bicornis [9]

La semaine dernière, l’initiative citoyenne européenne « Sauvez les abeilles et les agriculteurs » a réussi à atteindre plus d’un million de signatures (1,16 million), demandant une agriculture respectueuse des abeilles et sans pesticides de synthèse. Il y a un soutien populaire massif pour renforcer la protection de la biodiversité et modifier notre modèle d’agriculture vers un modèle réellement durable. En particulier, la Belgique est, proportionnellement à la taille de sa population, le 2ème pays ayant le plus contribué en nombre de signatures.

En 2018, avec des conclusions comparables de l’EFSA, les États membres ont décidé de restreindre l’utilisation de 3 substances néonicotinoïdes aux serres. Il n’y a aucune justification scientifique et juridique au maintien de ce type de pesticide sur le marché. Des alternatives chimiques et non chimiques existent.

La publication du Green Deal européen par la Commission européenne a été largement saluée par la société civile. L’amorce d’un redéveloppement de la biodiversité d’ici 2030 passe par l’interdiction de ce genre de substance. A cet égard, il n’est pas acceptable que le Comité permanent prenne autant de temps pour interdire ce type de substances.

Pourriez-vous nous informer de la position de la Belgique, lors de la réunion du Comité permanent des 5-6/7, concernant la restriction des utilisations du sulfoxaflor aux serres permanentes ?

Le 21-22/10, le sulfoxaflor sera, une fois de plus, à l’ordre du jour de la réunion du Comité permanent (législation phytopharmaceutique). Pourriez-vous nous informer de la position de la Belgique en ce qui concerne la restriction de l’utilisation du sulfoxaflor aux serres permanentes ?

Nous vous demandons respectueusement de soutenir l’interdiction de toute utilisation en extérieur de ces substances. Ne pas le faire ne serait pas conforme à la loi.
D’avance, merci de votre considération.

Meilleures salutations,

 

[1] https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/5633
[2] https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/6056
[3] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30111837/
[4] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32055075/
[5] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412021004384?via%3Dihub
[6] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32752985/
[7] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32055075/
[8] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32985125/
[9] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33450537/

 

Lire la réponse du Ministre fédéral David Clarinval (19/01/22)

Monsieur Dermine, Monsieur Fichers,

Au cours des réunions du comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, les experts belges ont exprimé leur non-soutien à la proposition de la Commission de restreindre l’utilisation du sulfoxaflor aux utilisations en intérieur.

Il est important de reconnaitre la nécessité d’imposer des restrictions à l’approbation actuelle du sulfoxaflor, qui pour rappel n’est pas un néonicotinoïde. Cependant, la proposition actuelle de restriction à l’intérieur uniquement est inutilement sévère, et donc nuisible à l’agriculture sans apporter de bénéfice aux abeilles.

Le principe général est que si une utilisation sûre peut être identifiée pour une substance active, cette substance active doit être autorisée. Il est possible d’obtenir des utilisations extérieures sûres du sulfoxaflor : en limitant l’application à la post-floraison et en utilisant des mesures d’atténuation des risques par exemple, application uniquement lorsque aucune mauvaise herbe en fleurs n’est présente, ainsi qu’en réduisant la dérive. Il est également possible d’avoir une utilisation sûre dans l’application du sulfoxaflor en automne dans les céréales d’hiver, comme cela est actuellement autorisé en Irlande. Pour cet usage, au moment de l’application, les abeilles ne sont plus présentes et ne peuvent donc pas être exposées. De plus, le sulfoxaflor est beaucoup moins persistant dans l’environnement que les néonicotinoïdes, de sorte que les éventuels résidus environnementaux d’un traitement d’automne ne poseraient plus de problème lors de la réapparition des abeilles au printemps. Dès lors, les experts belges concluent qu’il existe déjà une utilisation sûre en plein air établie.

Par conséquent, il est préférable de modifier des conditions d’approbation, introduisant des mesures obligatoires de réduction des risques, combinée à une évaluation obligatoire de cette substance conformément au document d’orientation révisé sur les abeilles une fois disponible.

En vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie d’agréer Monsieur Fichers, Monsieur Dermine, mes salutations les plus sincères.

Lire la réponse de Nature & Progrès et Pan Europe (24/01/22)

Objet : Révision de l’approbation du sulfoxaflor – réponse à votre mail du 19 janvier 2022

Monsieur le Ministre,

Nous avons bien reçu votre réponse à notre courrier du 5 octobre 2021 sur la révision du sulfoxaflor. Nous nous étonnons de cette réponse qui contredit l’avis que la Belgique a déjà pris en la matière quand on connait les dangers de cette molécule pour les abeilles. Par votre position, ainsi que par les dérogations que vous avez déjà octroyées, que ce soit pour l’usage de néonicotinoïdes en enrobage de semences ou pour l’usage du sulfoxaflor, vous avez déjà mis en péril la biodiversité et plus spécifiquement les abeilles. Nous nous étonnons que vous persistiez dans cette voie.

En effet, le sulfoxaflor est une matière active qui a le même mode d’action que les néonicotinoïdes. Et la nécessité d’utilisation de cette dernière n’est pas absolue : il existe bien d’autres matières actives alternatives et des pratiques culturales permettant de réduire l’impact des ravageurs et spécifiquement des pucerons.

D’ailleurs, nous sommes toujours en attente de l’étude prouvant la nécessité de dérogation en culture de betterave. A notre connaissance, seuls des avis et des hypothèses ont été émis lors de la demande de dérogations. L’impact de la jaunisse sur le rendement en sucre des betteraves n’a pas fait l’objet d’une étude scientifique et chiffrée.

De plus, dans votre argumentaire, vous conditionneriez l’autorisation de ce pesticide à la gestion des plantes adventices. Il est impossible de prévoir l’absence de plantes adventices visitées par les abeilles. Le contrôle d’une telle mesure est impraticable. Qui plus est, un contrôle de la floraison n’est pas suffisant, entre autres pour les abeilles solitaires (notamment terricoles) qui seront impactées par le traitement.

Comme vous le savez, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a remis un avis en 2019. Il se base sur les informations complémentaires fournies par Corteva. L’EFSA y indique que l’évaluation des risques pour les bourdons et les abeilles solitaires n’a pu être réalisé par manque de données. L’EFSA indique un haut risque pour les abeilles suite à la présence d’adventices mais également suite au phénomène de dérive. En d’autres termes, les pollinisateurs butinant les zones périphériques des champs risquent d’être décimés par l’utilisation de cette substance.

De plus, nous joignons à ce courrier un courrier précédent reprenant un certain nombre d’études de la littérature scientifique reprenant l’impact, à doses environnementales de cette substance sur les abeilles. Dans votre courrier, vous semblez vous focaliser uniquement sur l’abeille mellifère. Or les conclusions de l’EFSA sont claires, quant au risque pour les bourdons et les abeilles solitaires. De nombreuses espèces de pollinisateurs sauvages sont terricoles et nichent directement dans les terres agricoles. En sus des études référencées dans notre courrier d’octobre, 2 nouvelles publications utilisant des doses environnementales de sulfoxaflor montrent l’impact négatif de cette substance sur les bourdons et les abeilles mellifères.

Nous vous demandons donc de ne plus attribuer de dérogations pour l’utilisation du sulfoxaflor et de soutenir la proposition de la Commission qui vise à interdire l’utilisation de ce pesticide.

D’avance, nous vous remercions de l’attention que vous accorderez à notre courrier et vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.