L'origine de nos épeautres
Où en sommes-nous ? Ah oui, nous avions parlé de la domestication des céréales et de la co-évolution entre les plantes et les humains. Puis, avant un énorme bond dans le temps qui nous emmena jusqu’aux Gallo-Romains, nous avions franchi le Bosphore et remonté le Danube en compagnie des premiers pasteurs sédentaires de nos régions. Mais quelle céréale cultivaient-ils alors ? Et notre épeautre à nous, quand et où apparut-il ?
Difficile, bien sûr, de mettre tout le monde d'accord ! Reprenons depuis le début. Disons, il y a cinq cent mille ans environ. Pas de date exacte évidemment mais l’ébauche sommaire d’un décor et les lignes de force du drame qui se noue… Les acteurs de notre pièce sont alors de simples herbes, des graminées sauvages, en très grand nombre. Différentes variétés prospèrent, depuis les terres situées en bordure du Jourdain - la limite actuelle entre Israël, la Jordanie et la Cisjordanie - dont le climat est méditerranéen, jusqu’à l'ouest de l'Iran, en passant, plus au nord, par le sud de la Turquie actuelle, la Syrie et l'Irak traversés par le Tigre et l'Euphrate, le tout formant ce qu’il fut convenu d’appeler le "croissant fertile". Ces terres nourrissaient l'humanité depuis des temps immémoriaux. Parmi toutes ces herbes dont nous parlons, deux blés y seront domestiqués : l'engrain et l'amidonnier.
Nos plantes cultivées : des mutants permanents !
D’accord, d’accord… Dans le n°137 de Valériane, le fin limier qui mène l’enquête s’est un peu perdu en chemin et n’a pas tout à fait répondu à la question qu’il a lui-même posée. Rembobinons donc la bande du magnéto, en même temps que notre fil d'Ariane, et répondons pour de bon à cette question : notre épeautre, mille tonnerres, il vient d’où ?
La phylogénétique moléculaire va nous aider à y voir plus clair. Cette discipline utilise des séquences de macromolécules biologiques afin d'obtenir des informations sur l'histoire et l’évolution des organismes vivants, et notamment sur leurs liens de parenté. C'est donc un important outil d'étude pour investiguer l'évolution moléculaire. Et, précisément, deux cent soixante-sept variétés locales d'épeautre et septante-cinq de froment, issues de cinq banques de gènes différentes, ont été récemment soumises à une analyse phylogénétique de grande ampleur. Les résultats de cette recherche, publiés en novembre 2018 par les universités de Zürich et d'Arabie Saoudite, démontrent l'existence de trois grandes familles d'épeautres : l'épeautre asiatique, l'épeautre centre-européen et l'épeautre européen ibérique (1).
Conversation avec Philippe Defeyt
A diverses reprises (voir notamment dans Valériane n°46 et 49), nous vous avons déjà fait part de la perplexité que suscite, chez Nature & Progrès, l’engouement actuel pour les biocarburants. Philippe Defeyt, ancien Secrétaire fédéral d’Ecolo et administrateur de l’Institut pour un Développement Durable, ajoute aujourd’hui quelques pièces nouvelles au dossier. Et, si vous souhaitez en savoir davantage, ne loupez pas la conférence qu’il donnera à l’occasion du salon Valériane…
De tout temps, la mer a nourrit l’être humain. Il y pêche du poisson, ramasse coquillages et crustacés sur les plages et les rochers. Les algues, injustement oubliées en Europe mais toujours en honneur au Japon et en Corée, faisaient jadis partie de l’alimentation locale dans les régions celtes et scandinaves. Un certain nombre de végétaux terrestres, malheureusement méconnus de nos jours, contribuaient à la variété et à l’équilibre de la nourriture des populations côtières. Partons à leur rencontre.
Trop souvent négligé, le sol constitue pourtant la pierre angulaire du potager. Il est également le théâtre de tout un prolifique réseau d'interactions entre de nombreux êtres vivants qui peuplent ce monde souterrain méconnu. Partons à sa découverte...